Jonas Diallo, une denrée rare dans l’administration guinéenne : Réponse à une chronique de trop (Par Moussa Diabaté)

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A la tête de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) depuis le 27 mai 2016, Jonas Diallo a été nommé par un décret accueilli avec ferveur dans les rangs des partisans d’un changement de qualité dans l’administration guinéenne. Mais c’était sans compter avec les mentalités rétrogrades entretenues par ses détracteurs tapis dans l’ombre et cherchant à être dans les bonnes grâces du président de la République.

Ils le dénigrent matin et soir, mais ce qu’ils ne savent pas c’est que l’homme Jonas a appris à avoir le dos large et la peau épaisse. D’ailleurs, dans le combat qu’il mène, les campagnes de dénigrements orchestrés à son encontre montrent qu’il a en face des prédateurs récidivistes de l’économie nationale qui ne sont pas prêts à s’embarquer dans le navire du changement de comportement. Dieu seul sait qu’il en reste encore à faire pour assainir l’administration guinéenne.

Toutefois, Jonas est l’homme à qui certains en veulent à cause de sa rigueur dans le travail. Ceux-là savent bien que ce dernier ne mâche pas ses mots pour faire la halte aux faux-pas dans le travail.

Du Comité d’audit au Patrimoine bâti-public, deux postes qu’il a occupés en tant que directeur général, il a pu acquérir le reflexe nécessaire pour appréhender la mauvaise habitude de certains cadres guinéens.

Jonas Diallo n’a laissé que de bonnes traces de transparence, qui depuis n’étaient devenues qu’un lointain souvenir en Guinée.

Aujourd’hui, la guerre contre cette obligation de transparence est loin d’être  terminée. Il en trouvera toujours des adversaires devant lui, parce qu’il ne s’accommode pas à la culture de la corruption.

Comme par le passé, ici en Guinée, certains petits commis de l’Etat sont devenus riches en un laps du temps au grand dam d’une population sombrée dans l’extrême pauvreté. Ils veulent certainement que cet expert-comptable expérimente cette mauvaise pratique, mais il ne sera pas attiré par ce vent !

Ils savent bien que si Jonas Diallo quittait à la tête de cette structure, les cadres véreux auront les mains libres de s’engouffrer dans le laisser-aller et le laisser-faire, dans une véritable cleptomanie, transformant l’ARMP en un foutoir qui obéira finalement aux bons offices des corrompus.

Et s’il en est ainsi, c’est la balance de la gouvernance de notre pays qui sera renversée de manière défavorable aux yeux des principaux bailleurs de fonds que sont la banque africaine de développement et l’Union Européenne. Parce que c’est à leur recommandation que l’institution fut créée dans la plupart des pays africains afin de s’assurer de la bonne régulation du système de suivi et d’évaluation des marchés publics.

Des pratiques malsaines dans le système de marchés publics guinéens

C’est un secret de polichinelle de dire qu’en Guinée certains cas de concussion sont récurrents, certaines administrations réclament souvent aux soumissionnaires des sommes d’argent non prévues par le Code des marchés publics dont la destination reste inconnue. A cela, il convient d’ajouter dans d’autres cas, bien que des fonds publics aient été engagés,  le marché n’est pas exécuté. Le système de la taupe est une pratique courante au sein des commissions de passation des marchés publics. Où  certains soumissionnaires disposent au sein des commissions de passation des complices qui les informent sur le déroulement de la procédure de passation jusqu’à l’attribution du marché. Et d’office, si l’ARMP est saisie d’une dénonciation, le Comité de règlement, de différends et de sanctions  (CRDS) procèdera à un travail sérieux pour rendre une décision qui sera notifiée aux différentes parties.

Par ailleurs, notamment au Cameroun, où la Commission nationale anticorruption (CONAC) a relevé début janvier 2017 un pourcentage de 75% comme taux de corruption dans les marchés publics.  Compte tenu de l’importance des fonds publics qui transitent par les marchés publics, la corruption dans ce secteur est de nature à affecter la qualité des infrastructures par le renchérissement des coûts et de priver l’Etat de ressources qui auraient pu servir à financer d’autres secteurs d’activité.

Pour cette raison, la passation des marchés n’a pas échappé au processus de réformes tendant à s’adapter pour mieux faire face aux pratiques déviantes, y compris corruptrices.

En Guinée pour adopter ce mode opératoire, il faut  que l’ARMP soit une administration indépendante dans ses décisions comme stipule son statut, en ayant à sa tête un homme tranchant comme Jonas Diallo pour combattre les pratiques déviantes au sein du système des marchés publics.

Qui dit mieux ?

Par Moussa Diabaté

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