Exclusif. Mort lente à Koyama (Macenta) : chassés de leur terre parce qu’ils sont chrétiens (de notre envoyé spécial)

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Dans un village lointain de Macenta, à la frontière libérienne, des citoyens qui n’ont de pays que la République de Guinée sont persécutés et chassés de leur terre pour leur appartenance religieuse. A Koyama, un pasteur et ses fidèles ont été bastonnés à mort par des ‘’animistes’’.

Des victimes de persécutions… avec le journaliste de Mediaguinee

Mediaguinee s’est intéressé à cette affaire scabreuse qui continue de défrayer la chronique dans la région forestière, au sud de la Guinée.

L’acte ignoble s’est produit à Zogbo, un village (toma) de la sous-préfecture de Koyama.

Marie Soropogui, une des victimes revient sur les circonstances de cette persécution pas ordinaire.

« Le 25 février dernier, nous étions partis à l’église. Comme chaque semaine, on choisit un village pour la prière. Ce jour, c’est Zogbo qui avait été choisi. Les chrétiens de Malawou étaient venus chez nous. Au lieu de culte, vers 10 heures, nous avons entendu des cris cantiques des animistes. C’est en ce moment qu’un jeune a dit de fermer la porte. C’est ainsi qu’ils ont encerclé la cour. On les entendait demander si les gens sont à l’intérieur. Ils étaient armés d’armes blanches (machette, couteau, coupecoupe et des lance-pierres). C’est après qu’ils ont défoncé la clôture puis cassé les ustensiles de cuisine qui se trouvaient à l’intérieur de la Maison de Dieu. Malgré, nous sommes restés sereins. Quand nous avons su qu’ils sont venus nous attaquer, on a demandé au seigneur Jésus de venir nous sauver. Ils ont déversé de l’eau sur nous et les pierres. C’est pourquoi, nous avons décidé de sortir de la maison. Quand je suis sortie, ils ont commencé à s’informer qu’une femme est sortie. Nous avons été ligotés, torturés par ces animistes », a-t-elle expliqué, les yeux imbibés de larmes.

A l’en croire, « l’aide-pasteur qui était venu diriger la prière a été aussi sévèrement torturé et puis ils l’ont mis nu comme le premier jour de sa naissance ».

« Quand ma copine Christine qui était venue de Mawou avait décidé de retourner dans son village, sur son chemin, elle a rencontré le Gnamou (coma) qui lui a demandé à 3 reprises si elle était chrétienne, mais celle-ci a répondu qu’elle est bien chrétienne. Le Gnamou l’a donc frappée à l’aide du bâton qu’il détenait et puis ordonna aux hommes qui l’entouraient de la bastonner », dit-elle.

« Moi, personnellement j’ai échappé de justesse à la mort quand ils sont venus entourer mon domicile. Ils disaient qu’ils vont m’éliminer parce que je suis la cause de toutes cette affaire de christ. N’eut été Jésus et l’intervention des services de sécurité, on ne serait pas là aujourd’hui », indique la fidèle.

« Depuis ce jour, ces excommuniés vivent au dépend du pasteur de Koyama. Vous voyez comment nous vivons et c’est grâce au pasteur qui nous accueille. Ce dimanche 25 février 2018 fut un cauchemar dans ma vie. Depuis ce jour, ils nous interdisent de vivre chez nous à cause de notre appartenance religieuse », regrette Marie Soropogui sur ton souple.

Pour sa part, le sous-préfet de la localité, commandant Sékou Condé a confié à Mediaguinee avoir tenté de régler cette crise de concert avec les autorités préfectorales et religieuses de Macenta.

« Nous avions tenu d’abord une réunion ici avec les responsables à tous les niveaux, ce qui n’a pas marché. Vu la situation, j’étais obligé d’informer ma hiérarchie pour qu’ensemble permettre le retour des catholiques. Mais quand nous avions pour la première fois interpellé les notables de Zogbo ici dans mon bureau, ils ont accepté le retour de leurs frères. Mais, quand nous étions arrivés avec la délégation, ils ont fait savoir qu’ils ne pourront pas accepter la construction de l’église dans leur village, parce que, disent-ils, leurs aïeux n’ont pas accepté. Vu leur intransigeance, nous avions décidé ensemble de pas y laisser les catholiques parce que si quelque chose leur arrivait, notre responsabilité serait engagée », martèle le sous-préfet.

A la question de savoir si les responsables de ces persécutions contre les catholiques ont été arrêtés ?

« Ils ont juste été interpellés pour résoudre cette crise, évitant d’autres soulèvements dans les autres localités, sachant que Zogbo est la capitale rituelle de Gnamou », répond le sous-préfet. Ajoutant qu’il attend la dernière décision qui sera prise par ses supérieurs.

D’ici là, les coupables présumés de ces persécutions d’un autre âge sont libres de tout mouvement, les victimes elles végètent dans un grand désarroi et la peur.

Amara Souza Soumaoro, envoyé spécial à Koyama

 

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